L’image qu’une ville donne d’elle-même est un des fondements de son développement économique, à l’heure de la mobilité des capitaux et des travailleurs. Valoriser son image est de
ce fait un des principaux leviers de l’action économique municipale. Sur ce plan là, le constat est unanime : l’équipe Thiollière a relevé ce défi, avec panache et plutôt pas mal de
réussite. Il suffit, pour s’en convaincre, de compter les couvertures de journaux nationales et même internationales sur notre ville, ou bien d’en chercher une démonstration par l’absurde du côté
des pertinentes billevesées de l’opposant Maurice Vincent contre les dépenses de communication.
Gilles l’Apostat, depuis sa conversion, n’est pas avar de critiques à l’endroit du maire sortant, mais il lui donne quitus sur ce diagnostic, un peu comme Gallilée, venant
d’apostasier sa théorie héliocentrique s’écriant devant une inquisition médusée « Eppur si muove » («Et pourtant
elle tourne !) dans le théâtre de Brecht. De fait, cette idée, elle tourne !, à telle enseigne que la compétitivité des territoires est devenu un axe prioritaire de la politique de la
ville et de l’aménagement du territoire, la vénérable DATAR (direction de l’aménagement du territoire et à l’action régionale), outil emblématique de la modernisation de la France s’est muée en
DIACT (direction interministérielle à l’aménagement et à la compétitivité des territoires), signe que les temps sont à la compétitivité, que l’image est au pouvoir.
Alors ralliement de Gilles, mué en fils prodigue ? Que nenni, en plein meeting, il nous lance une « experte en image »,
pour un démontage en règle de la politique de Thiollière. Cela devait du moins se passer ainsi, parce que l’infortunée se lance dans un discours d’une spontanéité… soviétique, qui s’apparente
davantage à la retraite de Russie qu’à une charge des cosaques. Le budget peinture orange a du nécessité des redéploiements de crédits au détriment du budget prompteur, et cette pauvre
spécialiste, a du se contenter de lire (ou déchiffrer) un texte sans relief, tout bonnement vide, buttant sur les mots et prenant conscience petit à petit du désastre… la pauvre femme a même fait
de la poésie sans le savoir, avec une élocution que Rimbaud ou Brassens ne renieraient pas : « notre patrimoine est fort…
méconnu » (http://www.lavoixdesstephanois.com/cest_vous/L-image-stephanoise.html). Le spectacle était affligeant, et on ne comprend toujours pas pourquoi Gilles Artigues s’est
présenté, si ce n’est pour assouvir son inextinguible appétence pour les écharpes tricolores.
Par Charles Maurice Périgord
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Certes, « ce n’est pas la girouette qui tourne c’est le vent », mais Eole a parfois des sautes d’humeurs bien
opportunistes : le très rigoriste Gilles Artigues a donc décidé d’en finir avec l’hypocrisie et après avoir voté tous les projets municipaux depuis douze ans, l’heure est la
confession : depuis sa trahison il se sent « libre ». Bref, par une contorsion morale jésuitique, l’ancien adjoint au maire a trouvé son chemin de Damas en poignardant dans le dos
la majorité sortante. La semaine dernière, démission du conseil municipale pour se laver les mains, et notre Ponce Pilate prend son bâton de pèlerin, tel le Tarsiote, pour s’élever contre tout ce
qu’il a contribué à faire depuis plus d’une décennie, du temps où il était au côté du pharisien Thiollière. Alors que les ouailles se rassurent, au lendemain de l’élection, M. le maire Gilles
Artigues en finira avec l’opus thiollieri, pour appliquer le programme du Philistin Maurice Vincent.
Certains d’entre nous sont-ils appelés à un grand destin, à incarner l’Histoire ? En tout cas, il en est qui croient dur comme fer qu’ils sont les élus de la Providence… ce
qui se manifeste par une hypertrophie de l’ego narcissique déballée en publique, et la justification de la trahison par le déploiement majestueux des valeurs. Toutes choses que manie
admirablement notre professeur de math, qui a ressorti ses pots de peinture orange et sa mystique du peuple (qui a dit que c’était du populisme ?).
Mais laissons ce pauvre hère à sa conscience et rappelons lui ces vers éternels de Victor Hugo :
Puis il descendit seul sous cette voûte sombre ;
Quand il se fut assis sur sa chaise dans l'ombre
Et qu'on eut sur son front fermé le souterrain,
L'œil était dans la tombe et regardait Caïn.
Par Charles Maurice de Périgord
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La gauche est donc unie derrière Maurice Vincent. Le leader socialiste a réussi le tour de force mitterrandien d’unir la gauche sous sa bannière, et il s’agit bien d’un tour de
force : réunir le PS n’est déjà pas une mince affaire, mais y agréger le PC, le MRC, le PRG, en voilà un exploit ! Bref, le professeur d’économie n’a pas été effrayé par l’inflation
d’acronymes, et il est parvenu à réunir le PS, le PC (c'est-à-dire pas grand-chose), le PRG (rien tout) et le MRC (vraiment rien du tout). La gauche est donc unie PS + pas grand-chose + rien
+ rien du tout, l’ordre règne sur la gauche stéphanoise !!!
Affublé d’un nouveau site Internet notre édile en herbe laboure le terrain à coup de réunions publiques, au public clairsemé et à l’ambiance probablement survoltée. On y parle
forains qui gênent la circulation, gymnase et commerces, et on y distille de pertinentes remarques sur les horaires de bus, réfections et signalisation… bref on y sert la soupe ; avis à la
population Maurice rase gratis, prenez vos tickets et surtout pas de manique y’en aura pour tout le monde.
Un début de campagne bien terne, à défaut d’y tracer les grandes lignes d’un dessein on y trace les petites lignes de la gestion du quotidien, ce qui est certainement le rôle
fondamental d’une équipe municipale… une fois élue ! Alors M Vincent, on met la charrue avant les bœufs ?
Par Charles Maurice de Périgord
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Il y a un site qui vaut quand même le détour, c'est celui de M Vincent (www.saintetiennedemain.org). On y trouve de longues tirades aigries autour du thème, "si on était au pouvoir on ferait pareil mais en moins cher", le tout dans un
écrin orange et vert qui n'est pas sans rappeler le charme des vieilles choses, qui fleurent bon la naphtaline, le programme commun et les soupes de grand mère au coin du feu. Mais seul le
fond nous intéresse, et libre à lui d'aimer le kitch et les parfums surannés.
Cet admirable moyen moderne de communication sert la soupe à qui en veut: on promet d'associer les personnes âgés à l'élaboration du plan de circulation, de couvrir la ville de déchetteries, de
décider que l'eau sera dorénavant presque gratuite, et évidemment d'AMENAGER le patrimoine local et la liste peut continuer indéfiniment. Le tout pour pas cher et c'est quand même ça la grande
leçon, la Vincent team sera économe ou ne sera pas, elle développera durablement (oui mais c'est quoi le développement durable au fait ?), fera des transports en commun et une démocratie
participative qui rendrait Rousseau fou de jalousie. Et oui ils serront REALISTES c'est promis, parce que y'en a marre des projets ambitieux qui coûtent de l'argent, c'était mieux
avant!
Donc au programme : mars 2008 dès qu'on est élu on détruit le Zénith, on transforme la cité du design en déchetterie, la SMAC (salle de musique actuelle) en hall de débats participatifs pour bien
faire remonter les informations du vulgum pecus aux responsables des sens interdits et de la propreté des trottoirs, on revend la station d'épuration du Porchon pour faire baisser le prix de
l'eau et on fait circuler des bus vides... j'ai hate d'y être!!!
Charles-Maurice
Par Charles Maurice de Périgord
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On commence a connaître les principaux protagonistes de la lutte qui s'engage pour la première magistrature stéphanoise, Michel Thiollière, maire sortant et sénateur, pour la
majorité présidentielle contre Maurice Vincent, conseiller municipal sortant, pour le PS.
Les listes sont encore dans les poches intéreurs des vestons, mais on subodore aisément la tonalité des hautes luttes qui poignent : on poursuit la métamorphose ambitieuse d'une ville qui ne veut
plus s'excuser d'être la voisine industrielle et laborieuse de Lyon VS on réforme un peu, pas trop, pas cher... Projet contre projet ce sera un peu déséquilibré, mais le
suspens reste réel, parce qu'en campagne électorale plus qu'ailleurs, le diable se cache dans les détails et les Stéphanois pourraient bien renvoyer leur maire mondialement connu
(-> http://www.worldmayor.com/results06/profile_st_etienne.html), pour de
sombres histoires de trottoir moins propre que celui du voisin ou de supposées préférences des chasse-neige pour le quartier d'à côté.
Les données du match étant celles-là, nul doute que la campagne sera riche en tacles par derrières, en crampons qui trainent sur le mollet de l'adversaire et en simulations dans la surface de
réparation. Gardons néanmoins un optimisme méthodique et gageons que l'initiateur du réveil stéphanois retrouvera son fauteuil d'édile, entouré de légions nouvelles, et que les "professionnels de
la nostalgie, du dénigrement et de l'aigreur" resterons les spectateurs secrètement émerveillés de la renaissance de la ville aux sept collines.
Charles-Maurice
Par Charles Maurice de Périgord
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